Et voilà, 2 semaines de pur bonheur qui s'achèvent... snif!!! Bah, je suis néanmoins contente car j'ai des recettes plein les poches et ça, ça va m'aider à oublier que je suis suis à nouveau parisienne. Les photos prises durant mes 2 semaines d'absence m'aideront aussi à garder un pied dans le souvenir de vacances paradisiaques.
Alors par où commencer? Il y a tant à dire. Bon, je me lance... notre périple nous a d'abord amenés en Charente Maritime, sur l'île d'Oléron en particulier et à Grand-Village plus précisément. Il y a moins de 2 ans de ça, nous louions une petite maison à quelques minutes de la plage. Cette maison est aménagée dans d'anciennes barques de pêcheurs et je trouve que la propriétaire a su exploiter au mieux ce que lui offraient les murs existants. La maison a une capacité de 8 couchages (il y a concrètement 8 couchages) mais je pense que la circulation à l'intérieur de la maison serait vite perturbée si s'y trouvaient 8 personnes, surtout les jours de mauvais temps qui poussent à l'enfermement. Nous étions, dans notre cas, 4 adultes: Pierre-Etienne, ses parents (Jean-Michel et Christiane) et moi. Il y avait tout juste de la place... mais nous n'avons pas eu à trop nous plaindre du mauvais temps!!! OUF!!! Il est vrai que le mois d'août était catastrophique niveau beau temps. Nous sommes arrivés à Grand-Village au moment juste où le soleil tentait son retour. Samedi et dimanche ont été mi-figue, mi-raisin. Lundi et mardi ont été pluvieux (plus particulièrement mardi) mais le reste de la semaine nous a gâtés en soleil, douceur et vagues!!! Oui, P-Etienne et moi avons vécu 5 ans à Rochefort qui se trouve à 20-25 minutes d'Oléron. Oléron offrant quelques spots de surf sympathiques et reconnus, P-Etienne et moi avons investi dans du matériel de bodyboard. Le but de nos vacances était clairement de tâter du rouleau et sur ce point-là, nous avons été chanceux: les vagues étaient bien là!!! Vous comprenez  alors que nous ne pouvions qu'être heureux de cette semaine oléronaise.

Au niveau gastronomique, c'est pareil: plein de saveurs magiques et uniques qui nous ont grandement comblés. Profitant d'un lundi pluvieux, nous avons roulé jusqu'à Cognac pour visiter les caves d'Hennessy. Pas de photo de cette escapade... dommage car la visite était intéressante. C'est parfois trop sophistiqué ce qui donne un côté "Disneyesque" à l'ensemble mais on y apprend beaucoup de choses (saviez-vous que Hennessy était irlandais?)... choses que j'ai en grande partie oubliées mais je n'oublierai jamais le puissant parfum agréable qui émane des tonneaux dans lesquels dorment les eaux-de-vie parfois centenaires. Il faut le vivre... pour ensuite l'apprécier puisque la visite se termine par l'obligée traditionnelle dégustation. On ne vous sert bien sûr pas du grand vieux cognac. Vous n'avez droit qu'à la dégustation du V.S noyé dans du Canada Dry mais celui-ci se boit gentiment. Les tarifs sont parfois hallucinants: plus le cognac est vieux, plus il est cher... Le cognac reste un produit de luxe et les viticulteurs se sont heureusement adaptés pour proposer des cognacs très jeunes qu'on boit en cocktail et non plus en digestif. Nous avons donc ramené du cognac. Hennessy? Oh non, j'aurais aimé en ramener mais je n'aime pas le cognac au point de mettre plus de 100 euros dans une bouteille, aussi bonne soit-elle. Nous avons notre fournisseur. Nous avons plutôt l'habitude d'y acheter notre vieux pineau. Slurp!!! Un vieux pineau de 12 ans d'âge à tomber par terre. Nous n'achetons notre pineau que chez ce viticulteur. Nous ne lui avons fait aucune infidélité tellement son pineau est exquis. Ce producteur s'appelle Charbonneau (lien vers leur site "chambres d'hôtes") et se trouve à Chérac, entre Saintes et Cognac. Lors de notre réapprovisionnement en pineau (comme quoi, il a bien fait de pleuvoir ce jour-là, ça nous a donné une raison de traîner par là-bas... hihi!!!), P-Etienne en a profité pour acheter leur cognac Napoléon. Je ne suis pas une experte mais je crois que chaque cognac a un nom selon son âge. Vous trouverez les explications ici. Notre cognac Napoléon a au moins 15 ans d'âge. J'aime le vieux cognac car le fruit prime sur l'alcool... c'est plus doux et plus goûteux... mais c'est mon point de vue et il n'est point connaisseur!!! Bref, lundi pluvieux mais pas lundi malheureux.
Bien sûr, côté miam-miam, nous avons été servis... Huîtres, moules et autres fruits de mer ainsi que poissons ont participé à notre dure (sur)vie insulaire!!!
Pour cette 1ère recette de retour de vacances, je vous propose un recette à base de moules. Il s'agit de l'éclade de moules. C'est une spécialité de la région, originale, facile à réaliser, encore faut-il avoir de la place... et des aiguilles de pin!!! En fait, l'éclade de moules est une manière originale de cuire les moules sous un feu d'aiguilles de pin. Les moules sont pour ainsi dire "braisées". C'est un plat convivial auquel chacun peut participer, du ramassage des aiguilles de pin au dressage des moules... Vous allez voir, c'est beau et bon!!!

eclade

ECLADE DE MOULES

Les ingrédients pour 4 personnes:
-1,5kg de moules de bouchot ébarbées et nettoyées (cf. les astuces)
-une petite demi-pomme de terre
-des aiguilles de pin
-un morceau de carton qui servira d'éventail et une épaisse planche en bois (cf. les astuces)
-pain, beurre salée et vin blanc des Charentes

A quoi sert la demi-pomme de terre? A commencer le dressage des moules. Faites 4 entailles dans la pomme de terre qui vous permettront d'y glisser les 4 premières moules dont dépendra tout l'édifice... Eh oui, c'est un travail de patience... Placez donc 4 moules dans les entailles de la pomme de terre, ouverture vers le bas. Lorsque celles-ci tiennent, commencez à faire un tapis de moules en les collant les unes aux autres. Je trouve difficilement mes mots pour vous donner les démarches à suivre donc inspirez-vous des photos. Lorsque votre tapis de moules est fait (essayez de répartir équitablement les moules autour de la pomme de terre), recouvrez délicatement et entièrement d'une épaisse couche d'aiguilles de pin. Mettre le feu de tout bord à cette couche d'aiguilles de pin. Nourrir le feu d'aiguilles restantes. Lorsqu'il ne reste des aiguilles de pin que de la cendre, éventez à l'aide du carton pour dégager les moules de toute cendre. Servir aussitôt avec du pain généreusement beurré et un bon verre de vin blanc.
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Les astuces
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-ce plat est très beau à voir, de sa conception à sa finalisation. Vos invités seront ébahis autant par le spectacle de la cuisson que par la délicieuse saveur de pin parfumant les moules. Les aiguilles de pin prennent vite... Il faut voir les tristes incendies estivaux. Faites attention donc d'éloigner les tous petits. Faites attention de ne pas vous jeter sur l'éclade une fois servie au risque de vous brûler les doigts. La particularité de l'éclade est que les moules, ainsi cuites, restent fermées. La coquille s'effrite facilement sous les doigts et vous pouvez vous alors régaler.
-nous n'avions pas d'épaisse planche de bois donc nous avons simplement recouvert une grille de papier alu... Galère car les premières moules peinent à tenir debout mais avec de la patience, le résultat était plutôt satisfaisant.
-avant l'éclade, nous avons mangé une 12aine d'huîtres donc 1,5kg de moules suffisait mais généralement, vous pouvez compter 500g de moules par personne.
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